
Marcel Bena crée une société en nom propre et installe son atelier de fabrication de tricot de tulle élastique pour corsets, dans son appartement, situé à Pantin, à l’est de Paris.


Charles Fossez débarque à Paris sans le sou. Il a des idées et du culot. Précurseur et génie précoce du marketing, il se compose un personnage "le Fakir Birman" et la fait connaître rapidement en faisant de la publicité dans les journaux, avec le slogan : "Fakir Birman, 14 rue de Berne. Dans l'ennui, venez à lui". L’une de ses premières clientes est une femme du monde, épouse d’un célèbre chef d’orchestre, qui la trompe avec une violoniste. Peut être le pressent elle ? Le fakir, malin, le devine et le lui confirme. Le mari furieux l’attaque en justice et perd son procès. Notre Birman exulte car ses prédictions sont confirmées par un arrêt de justice ! Du coup, toutes les parisiennes soupçonneuses remplissent sa salle d’attente. Soucieux de servir le plus grand nombre, il diffuse ses prédictions dans une chronique régulière à la radio et devient au fond l’inventeur de l’astrologie moderne. Son étoile pâlit lorsque riche et harcelé par le fisc, il est condamné pour fraude fiscale.

Obligé de se reconvertir, notre fakir fait le bilan de ses compétences et découvre que sa richesse est constituée par son carnet d’adresses de femmes du monde et peut être du demi monde. Qu'est ce qui peut bien intéresser toutes ces femmes, se demande t-il ? Leur silhouette, bien sur ! Il devient donc fabricant de sous vêtements féminins gainants, grâce aux merveilleux tulles élastiques fournis par Marcel Bena. Toujours aussi pointu en marketing, il crée la marque Barbara, d’après le nom d’une bonne amie et vend par correspondance.

Gilbert Bena, fils de Marcel, entre dans l’entreprise, qui reprend la marque Barbara au décès de Charles Fossez en 1952.

La direction de l’entreprise est désormais assurée par Gilbert Bena, qui la développe rapidement.

La Société des Etablissements Marcel Bena, devenue une société industrielle, est rebaptisée Barbara S.A.

Année emblématique : la société a bien prospéré et son chiffre d’affaires frôle les 10 millions de Francs et emploie environ 150 personnes.

Jean Jacques Bena, fils de Gilbert, ingénieur nucléaire et sculpteur sur bronze, entre dans la société.

Barbara est la première marque à utiliser la dentelle élastique (fibres élastane) pour fabriquer de la corseterie. Les modèles coûtent 200 Francs, contre 100 Francs pour les concurrents non élastiques. Cher pour un soutien gorge ? Ce ne sont pas des soutien-gorge, mais des Tanjeros ! C’est nouveau, incomparable, extraordinaire. Barbara acquiert rapidement une réputation mondiale de bien aller grâce à ses dentelles élastiques plus confortables. Réputation qui lui permet d’être aujourd’hui encore, LA marque de lingerie en dentelle par excellence.
Jean Jacques Bena prend la direction de l’entreprise et continue à la développer. Visionnaire, il monte des Joint Venture en Corée, en Inde, en Chine et au Japon. Barbara devient la marque française la plus vendue en Asie.

Barbara diffuse un spot TV qui rend la marque célèbre et sympathique grâce au slogan "Barbara, c'est moi !".

Lancement de la gamme "Ange" : lingerie sans couture, invisible même sous les vêtements les plus ajustés. Il s'en vendra plus d'un million de pièces dans le monde entier, au fil des ans ...

Barbara est la première marque à utiliser un nouveau matériau "spacer" pour réaliser des soutien-gorge sans couture. Ce matériau également baptisé "3D" est ultra léger, respirant et infroissable. Il gagne rapidement des parts de marché face aux modèles rembourrés en mousse, plus lourds et plus fragiles.

La famille Bena cède la majorité de son capital et Hubert Lafont devient le dirigeant de Barbara. Il entreprend de déployer la marque plus largement à l'international. La marque est commercialisée dans plus de 40 pays. L'accent est également mis sur les grandes tailles, sur lesquelles Barbara bénéficie d’une expérience et d'un savoir faire incomparables.

La gamme "Nude Perfect" remplace la gamme "Ange". Les produits sont épurés au maximum, en utilisant la technologie de la "fusion". Barbara démontre une fois de plus que l'on peut être élégante et bien dans sa peau, même dans des produits fonctionnels.

Barbara renoue avec la publicité à la TV avec une série de spots qui reprennent le fameux slogan "Barbara, c'est moi !". Barbara devient synonyme de douceur, de bien être, d'élégance naturelle et de joie de vivre. La marque devient partenaire de Madame Figaro, dont elle sponsorise le Trophée de Golf féminin.
Lancement de "Beauty Perfect" : première ligne utilisant la dentelle "seconde peau". Ultra plate et sans coutures, elle permet d'être féminine et élégante tout en restant invisible sous les vêtements.